jeudi, décembre 8, 2022
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La manifestation des sinistrés du 4 mars 2012 dispersée par la police

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Près de 10 ans après les explosions du 4 mars 2012 de Mpila, à Brazzaville, les victimes de ce drame ont observé un mouvement d’humeur ce mardi 7 décembre dans la capitale congolaise pour demander l’amélioration de leurs conditions. Ils ont été dispersés par la police. 

Le collectif des sinistrés du 4 mars 2012, quartier Kanga Mbanzi, du 6e arrondissement, Talangaï, s’est réuni ce mardi 7 décembre à Brazzaville pour organiser une marche pacifique allant de l’hôpital de base de Talangaï au rond-point dit Ebina.

Ils réclament l’amélioration de leurs conditions de vie, précisément la reconstruction de leurs maisons détruites par le sinistre. Cela fait plus de 9 ans que plusieurs d’entre eux vivent dans la précarité. 

« Au lendemain du sinistre du 4 mars, il y a eu des donateurs qui ont donné assez d’argent au Congo. Le gouvernement aurait pu terminer avec cette histoire des bâtis. Mais il ne la regarde pas, parce qu’il a plutôt géré la question des commerçants victimes de ce drame et rien du tout pour les bâtis. Exténués, les sinistrés ont dit qu’on doit marcher », a expliqué Bruno Osseté, président du collectif des sinistrés du 4 mars 2012.

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Les manifestants ont été dispersés par les forces de l’ordre à l’aide des gaz lacrymogènes.

De quoi susciter le ras-le-bol de ces populations, les sinistrés ont brûlé les pneus et répondu par des jets de pierres.

« On a plusieurs fois demandé l’autorisation de marcher. Malheureusement on ne nous a jamais autorisés. On a même pris les dispositions nécessaires pour que cette marche se fasse en toute sécurité. Nous avons notamment demandé à la police de nous escorter, malheureusement, elle n’a pas voulu », s’indigne Bruno Osseté.

Selon Le Troubadour de Brazzaville, à l’issue de cette altercation, quelques personnes ont été interpellées puis relâchées par la police.

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Des membres du collectif de ces sinistrés ont été reçus par le commandant en second de la police, le colonel Obami Itou Fils, en présence du conseiller à la sécurité du Premier ministre. Les parties prenantes ont relevé la nécessité pour les pouvoirs publics de venir au chevet de ces compatriotes qui souffrent depuis les explosions de mars 2012.  

La situation de ces populations devient de plus en plus préoccupante. Le vendredi 3 décembre dernier, le gouvernement avait été interpellé par le sénat sur la gestion de cette affaire. 

Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso qui s’est voulu rassurant sur la volonté du gouvernement de résoudre cette affaire avait laissé entendre que les ressources disponibles ne permettent pas de résoudre définitivement cette affaire dans l’immédiat. 

« En 2021, le gouvernement avait inscrit 1 milliard 360 FCFA, il est possible que ces fonds n’ont pas pu être débloqués pour des tensions de trésorerie, mais la volonté politique y était et nous avons encore inscrit dans le budget 2022, une certaine ressource. Ce ne sont pas les quelque cinq ou dix milliards FCFA que nous pourrons inscrire au budget qui nous emmèneront à régler définitivement le problème du 4 mars qui se chiffre à près d’une centaine de milliards FCFA », avait-il dit.

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