Politique

Congo-Brazzaville : Andréa Ngombet appelle à une candidature unique de l’opposition

Président de la dynamique Incarner l’Espoir, Andréa Ngombet, s’est fendu d’un communiqué, ce mardi 5 janvier 2021, au cours duquel il s’est officiellement retiré de la course à la magistrature suprême invitant par la même occasion l’opposition à la responsabilité et à l’union pour une victoire à l’élection présidentielle à venir. Nous publions in-extenso le contenu de sa déclaration.

Je veux commencer par remercier les équipes et les sympathisants d’Incarner l’Espoir. Merci du fond du cœur. Au cours de ces dernières années, la République du Congo a été confrontée à d’énormes défis, allant d’une économie en stagnation à une situation socio-économique au bord du gouffre, avec un gouvernement semant la guerre et la discorde dans tout le pays qu’il est chargé d’unir. Et pour de nombreux Congolais, ces défis ont constitué un appel à l’action. Et donc, comme tant d’autres, j’ai profondément réfléchi à ce que je pouvais faire pour changer les choses, ce que je pouvais faire pour me rendre utile. Et c’est dans cet esprit, avec votre aide, qu’il y a un an, nous avons lancé notre campagne pour la présidence de la République. Nous avons commencé ce voyage avec une équipe modeste et un appel depuis Buenos Aires.

Sans parrainage contrairement à des rumeurs tenaces, sans fortune illicite sans un soutien à base ethnique,  sur lequel s’est malheureusement construit depuis 1992 notre pluripartisme, nous avons démontré qu’il y a une place en politique pour ceux qui se revendiquent Congolais et démocrates tout simplement. Beaucoup de personnes ont voulu voir dans cette candidature une trahison, pire, un ralliement. À eux je veux dire : ne pas essayer aurait été la pire des lâchetés. Ne pas présenter de candidat c’est laisser notre peuple orphelin.

Nous sommes les obligés de l’Espoir.

Nous avons mené une campagne du Japon aux USA, de la Norvège à l’Allemagne, de la République Tchèque au Sénégal. Nous avons fait connaître la situation de la République du Congo et les enjeux de la présidentielle de 2021. Sur le plan local, dans nos 12 départements, les comités de soutien se sont organisés avant qu’une terrible répression obscurantiste ne s’abatte sur nous, stoppant net la structuration publique de notre dynamique.

Pourtant, nous avons tenu. Et tout ça, c’est grâce à votre soutien, Merci. Cela prouve que les Congolais ont vraiment soif d’un nouveau type de politique et d’un leadership enraciné dans les valeurs que nous partageons. Dans les villes, dans les communautés rurales, nous avons vu des Congolais prêts à relever une nouvelle ère de défis avec une nouvelle génération de dirigeants.

Nous avons trouvé d’innombrables Congolais prêts à soutenir un acteur de la société civile, sans parcours dans l’administration ou les gouvernements du régime, non pas en dépit de ce profil atypique, mais à cause de celui-ci ; désireux de faire en sorte que notre pays entre dans une ère nouvelle de gestion transparente et positive.

Dans une nation fracturée, nous avons vu des compatriotes jusqu’à dans les rangs du PCT se joindre à notre dynamique et, oui, certains de ces futurs anciens du PCT opter pour une politique différente, choisir une politique définie non pas par qui nous repoussons, mais par combien de congolais nous pouvons rassembler à nos côtés sans aucune distinction.

Et nous avons poussé chaque Congolais à se demander si ce qui les divise était plus puissant que ce qui les rassemble : l’avenir de notre République.

Nous nous sommes lancés dans cette course pour inaugurer un nouveau type de politique. Et cela signifiait guider notre campagne par les valeurs que nous partageons, rappeler les règles, incarner l’espoir.

L’une de ces valeurs est la vérité. Et aujourd’hui, c’est un moment de vérité. Après près d’un an de campagne, à rencontrer tout le monde, à défier l’obscurantisme, la vérité est que le pouvoir est déterminé à empêcher dans la violence cette candidature.

Une autre de ces valeurs est la responsabilité. Et nous avons la responsabilité de considérer les conséquences néfastes de rester dans cette course plus longtemps. Notre objectif a toujours été d’aider à unifier les Congolais pour obtenir l’alternance politique. Et nous devons donc reconnaître qu’à ce stade de la course, la meilleure façon de garder foi en ces objectifs et idéaux est de se retirer et d’aider à unir nos forces et notre pays.

Je prends aujourd’hui la difficile décision de suspendre ma campagne pour la présidence. Je ne suis plus candidat à la Présidence de la République du Congo, mais je continuerai à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que l’alternance advienne.

Nous devons le faire parce qu’à chacune de ses décisions, ce gouvernement compromet l’unité et la cohésion nationale. Il fait ressortir le pire en chacun des Congolais et instaure une culture de l’impunité qui détruit tout espoir de redressement national.

Il y a tout simplement trop d’enjeux pour jouer à la chaise vide et ainsi laisser un boulevard à un gouvernement endurci dans le crime. La participation à l’élection présidentielle dans les délais prévus par la Constitution est un impératif et, la candidature unique de l’opposition est une nécessité vitale. Mais laquelle et avec qui? J’invite l’opposition congolaise à prendre ses responsabilités. Unis nous vaincrons, divisés nous échouerons. Nous restons convaincus que l’alternance est réalisable dès Mars 2021.

Enfin, nous disons aux congolais, ne cédez pas aux sirènes irresponsables du boycott, soyez civiques, inscrivez-vous sur les listes électorales et allez voter selon votre cœur. C’est votre droit le plus inaliénable, c’est votre devoir le plus sacré.

À nos donateurs qui ont contribué humainement, financièrement et matériellement pour que ce message d’espoir puisse atteindre tous les recoins du pays. Merci pour ce que vous avez donné pour rendre cela possible.

À mes partenaires et aux amis du Congo avec qui nous partageons l’amour de la liberté, je dis aussi merci. Merci pour la confiance et le soutien. Nous ne baissons pas les bras car l’objectif commun n’est pas encore atteint: l’établissement de l’Etat de droit et de la démocratie en République du Congo. Je sais qu’à la fin de cette campagne, la déception est grande de ne pas être allé jusqu’au bout mais j’espère que tous ceux qui en ont fait partie sauront que la campagne qu’ils ont menée et la communauté qu’ils ont pu créer n’est que le début du changement.

Merci d’avoir partagé cette vision. Merci de nous aider à répandre cet espoir. Merci beaucoup. Avançons ensemble:

« L’amour est patient, il est plein de bonté; l’amour n’est pas envieux; l’amour ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité; il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.

L’amour ne meurt jamais. » — 1 Corinthiens 13: 4–8

Aimons notre pays, la République du Congo.

Bonne et heureuse Année,

Je vous remercie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page