mardi, janvier 26, 2021
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Michael Gandoh : le visage d’un cinéma congolais décomplexé

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Après avoir remporté le festival de films Émergence, le 13 novembre dernier à Lomé, grâce au film documentaire, Une pour tous, notre équipe a rencontré le réalisateur Michael Gandoh à Pointe-Noire. “On est jamais prophète chez sois”, un dicton qui sied parfaitement au personnage ! Quasiment inconnu du public congolais, ce réalisateur est pourtant une référence des scènes africaines sur lesquelles ils est régulièrement récompensé. Nous avons pu échanger avec lui au sujet de sa carrière, et évoquer entre autres ses réalisations, le marché du cinema congolais et ses projets.

  • Le public congolais doit savoir, qui est Michael Gandoh ? 

« Michael Gandoh est un cinéaste congolais de Brazzaville, passionné du cinéma depuis 13 ans. 

J’ai à mon actif 3 films courts métrages expérimentaux, 3 courts métrages professionnels et un long métrage. Mon palmarès : Prix du meilleur film 2016 (Ya Beto festival), Prix ESPOIR  du meilleur film documentaire au festival la Semaine du documentaire, et Prix Canal+ de la meilleure création documentaire 2019, mes films ont fait plusieurs festivals étrangers. »

  • Comment devient-on cinéaste au Congo ? Votre expérience et en général.

« Je ne suis pas allé vers le cinéma, c’est le cinéma qui est venu vers moi par le biais d’un ami en 2007, et depuis c’est le grand amour. 

Autrefois on devenait cinéaste par la force de sa volonté, des petites connaissances glanées à droite et à gauche (autodidacte), il n’existe aucune école de cinéma ici au pays et encore moins des subventions, mais actuellement ça passe indispensablement par la formation, d’autant plus qu’il existe plusieurs réalisateurs professionnels pour la transmission des connaissances. Ceux qui veulent faire le cinéma doivent se faire former,  s’il ne savent pas où, ils peuvent me contacter directement ou indirectement. »

  • Pourquoi le cinéma local n’est pas consommé au Congo ?

« Déjà vous savez qu’il n’existe plus de salles de cinéma, elles ont toutes été transformées, ça c’est un point à souligner. Notre cinéma souffre de plusieurs maux : le manque de productions et de distributeurs qui chacun joue un rôle indispensable. Nos films ne sont pas consommés parce que nous ne produisons pas assez, l’offre est insignifiante par rapport à la demande et les films ne sont pas distribués convenablement, nos films n’atteignent pratiquement pas nos consommateurs par manque de moyens financiers (donc de communication). Et s’agissant des chaînes de télévision, je dirai simplement que les choses vont bientôt changer positivement, les congolais vont bientôt être servis. »

  • On connaît Nollywood et son lien étroit à la spiritualité, Bollywood et son folklore indien… Quelle est la spécificité du cinéma congolais ? 

« Mdr [Mort de rire, ndlr] ! Les autres ont eu suffisamment de temps pour incruster leur culture à l’image et l’imposer à la face du monde, donnez le temps à notre cinéma, notre culture s’y incrustera automatiquement et nous serons fier de notre pays. »

  • Quelles sont les activités que vous entreprenez pour promouvoir le cinéma congolais? 

« Je suis promoteur et directeur d’un grand festival international de cinéma fait ici au pays, joint à cela mes films et les formations que je propose, voilà mes activités de promotion pour notre cinéma. »

  • Quels sont vos projets à venir ?

« La préparation de la 2ème édition de mon festival et la production de mon prochain film long métrage, c’est ça mes projets. »

  • Un mot de fin. Quel message adressez-vous aux jeunes qui voudraient se lancer dans la production cinématographique malgré les conditions précaires de la profession au Congo?

« Croyez en notre cinéma, croyez en vous et croyez en nous, voilà mon mot de la fin. Mon message aux aspirants cinéaste est celui d’espoir, prenez exemple sur nous, faites vous formez et tracez votre chemin, ce ne sera pas facile certes, mais persévérez, la lumière est déjà visible, alors foncez. »

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