dimanche, août 1, 2021
AccueiladministrationLes députés demandent des sanctions financières contre leurs collègues absentéistes

Les députés demandent des sanctions financières contre leurs collègues absentéistes

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Les députés sont montés au créneau pour demander au bureau de lAssemblée nationale, de réduire conformément aux textes en vigueur les émoluments de leurs collègues, qui brillent par des absences notoires et non justifiées. Cest ce qui ressort, de la 10e session extraordinaire, de l’hémicycle tenue la semaine dernière. 

Les membres de l’Assemblée nationale se sont réunis le 14 avril dernier, au Palais des Congrès de Brazzaville pour le compte de leur 10e session extraordinaire, relative à l’examen et l’approbation du projet de loi portant prorogation de l’état d’urgence sanitaire.

Abordant le volet divers, les députés se sont appesantis sur un constat amer : les absences répétées et non motivées de certains représentants du peuple, lors des sessions et réunions des Commissions permanentes de la Chambre basse du parlement. 

« Vous posez des questions très pertinentes sur l’absence de certains collègues. Il se trouve que certains d’entre eux, depuis le début de la législature ne prennent pas part, de façon effective, aux activités de l’Assemblée nationale. Mais, ils perçoivent toujours leurs émoluments », s’indigne Jean Jaurès Ondelé, président du groupe parlementaire de la Majorité présidentielle.

Face à cet état de fait, les participants ont demandé au bureau de l’Assemblée nationale, la mise en application vigoureuse, de la réglementation en vigueur, afin de sanctionner les élus indélicats.

« Il s’agit de respecter notre propre règlement intérieur, car quiconque s’absente sans justification et le plus longtemps possible, le 1/3 de ses émoluments lui seront retranchés. Donc, il nous appartient à tous, en commençant par le bureau, de veiller à faire respecter notre propre règlement intérieur», renchérit-il. 

Poursuivant son intervention, Jean Jaurès Ondelé voit mal que ce soit l’exécutif qui vient leur faire appliquer un règlement intérieur, qu’ils ont eux-mêmes approuvé et de surcroît ce sont eux le législateur.

« Il y a une chose qu’on oublie honorable président : nous sommes ceux qui fabriquent la loi, nous devons être les premiers à la respecter. Le règlement intérieur de l’Assemblée, c’est une loi. Nous n’allons pas demander au gouvernement de venir nous faire respecter notre propre règlement », a-t-il déclaré.

Des informations fournies auxquelles le président de l’institution, Isidore Mvouba, dit avoir écouté d’une oreille attentive.  

« Ce n’est pas la première fois qu’on en parle. Je voulais sévir, mais je me suis dit dans un contexte où, nous touchons notre indemnité tous les deux mois voir tous les trois mois, est-ce qu’il serait bien séant de le faire. Mais bon, je constate que cela peut être perçu comme une faiblesse du bureau si ce n’est, du président lui-même. Désormais, nous allons de façon vigoureuse appliquer le règlement intérieur pour ce qui est des absents », a souligné Isidore Mvouba.

Dans le cadre du respect des mesures barrières contre la Covid-19, les députés étaient contraints d’adopter le principe de la plénière réduite l’an dernier. Un format qu’ils entendent désormais améliorer, au vu de ce qui précède, afin que certains de leurs collègues hormis ceux qui ont des affaires en examen, prennent part aux travaux de l’Assemblée nationale de manière rotative pour que chaque député se sente concerné.

« On peut faire en sorte que certains députés, qui ont passé un an à la maison, viennent de façon rotative, se présenter à l’hémicycle afin que chacun d’entre eux, se sentent concernés [aux activités de la chambre, ndlr], ce qui limitera les voyages prolongés de certains élus à l’étranger », a évoqué le président de la Commission des lois et des affaires administratives, Fernand Sabaye. 

Soulignons qu’il s’agit d’une unième mise en garde de l’hémicycle sur la problématique des absences. En avril 2019 comme en février 2020, elle avait déjà fait l’objet des discussions à l’Assemblée nationale. Il semblerait que les députés n’aient jusque là pas été inquiété.

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